Le 1er octobre 2025 marque les 80 ans de l’ordonnance fondatrice des Centres de lutte contre le cancer. L’occasion pour Unicancer de réunir l’ensemble de ses partenaires et des acteurs de l’écosystème à l’Assemblée nationale, sous le haut patronage du Président de la République, et avec le soutien du Député Michel Lauzzana, Président du Groupe Cancer de l’Assemblée Nationale.
Le 1er octobre dernier, Unicancer célébrait l’anniversaire de l’ordonnance fondatrice des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), signée par le général de Gaulle en 1945. Ce rassemblement, placé sous le haut patronage du Président de la République, s’est tenu dans un lieu hautement symbolique en compagnie des partenaires de la fédération : associations et représentants de patients, parlementaires, acteurs de la communauté scientifique, fédérations hospitalières, partenaires industriels.
“Plus qu’une date, ce jour marque une étape importante de notre engagement collectif contre l’une des plus grandes épreuves de notre époque : le cancer. Je salue l’ensemble des femmes et des hommes qui, au fil des décennies, ont fait des centres et du réseau que nous formons une fierté nationale” Pr Jean-Yves Blay
Un modèle d’excellence de la cancérologie française
Signée trois jours avant celle donnant naissance à la Sécurité sociale, l’ordonnance qui crée les CLCC les reconnaît d’utilité publique, leur accorde un financement par l’assurance maladie et les dote de missions communes d’intérêt public de soins, d’enseignement, de prévention et de recherche. « Depuis 80 ans, les CLCC incarnent l’excellence scientifique et organisationnelle à la française, tournée vers l’avenir, sans discontinuité, partagée, pour tous et couvrant l’ensemble du territoire. Ce texte fondateur résonne à la fois comme un héritage précieux et un modèle d’avenir, qui doit continuer à évoluer à la lumière des enjeux contemporains. Nous devons continuer à le défendre, à l’adapter et à le promouvoir. » a résumé le Président.
« Les CLCC bénéficient de nombreux atouts et d’une gouvernance unique. À taille humaine, ils sont dirigés par un binôme complémentaire : un directeur général, médecin-chercheur reconnu dans sa spécialité et formé au management, ainsi qu’un directeur général adjoint formé à la gestion stratégique et administrative. Leur organisation souple, le management horizontal de proximité et la délégation de tâches favorisent l’autonomie des professionnels et insufflent une force du collectif appréciée de tous. Ce mode d’organisation permet également la participation des patients dans les processus de décision. » Sophie Beaupère, Déléguée générale d’Unicancer
« Le réseau des CLCC porte la valeur de la solidarité, à la fois territoriale et sociale, grâce à son maillage territorial qu’il faut conserver. Il concourt à la transmission importante de l’excellence en cancérologie », a salué le Député Michel Lauzzana, Président du Groupe Cancer de l’Assemblée nationale.

Des centres précurseurs
Revenant sur l’histoire des CLCC, de leur apparition dans les années 20 jusqu’à leur institutionnalisation en 1945, le Pr Thierry Conroy, ancien Directeur général de l’Institut de Cancérologie de Lorraine, a salué l’élan donné par « un petit nombre d’hommes politiques et de scientifiques motivés […] L’ordonnance a confirmé l’importance des CLCC, la direction médicale, l’assise juridique, et permis l’accès des soins à tous. », a-t-il conclu.
Les centres ont en effet été à l’origine de grandes avancées et de progrès thérapeutiques et organisationnels majeurs, tels que le déploiement des réunions de concertation pluridisciplinaire. Le professeur Thierry Philip, figure emblématique du réseau Unicancer, a ainsi rappelé les grandes évolutions engagées dans la seconde moitié du XXème siècle dans un contexte de progression de l’incidence de la maladie. Les CLCC ont ainsi été moteurs de la recherche collective et de la mise en œuvre des réseaux de soins dans les territoires.
« Ils avaient une antériorité dans la réflexion sur le soin pour les malades considérés comme condamnés ou perdus », a affirmé le Pr Norbert Ifrah, Président de l’INCa, rappelant leur rôle dans l’élaboration de la politique publique de lutte contre le cancer en France et leur mobilisation dans la construction des plans cancer. « Les centres se placent au cœur d’une stratégie nationale portée par tous les acteurs de la cancérologie et qui aboutira aux plans cancer. », a confirmé le Pr Thierry Philip.
Lancés à partir de 2003, en réponse aux premiers Etats généraux des malades atteints de cancer organisés par la Ligue contre le cancer en 1998, les Plans cancer ont en effet marqué un tournant majeur de la politique nationale de lutte contre le cancer. Motivés par la nécessité de fournir une réponse coordonnée et intégrée à la progression constante du nombre de cas de cancer, ils ont bénéficié d’une grande mobilisation de la communauté scientifique et de la société civile, avec une volonté forte de rendre les patients acteurs de leur parcours de soins.
| La parole est aux patients Humanité, innovation et exemplarité ont été les mots clés retenus par les représentants de plusieurs associations de patients partenaires d’Unicancer. « La place centrale donnée au patient-partenaire est une force majeure » a ainsi salué la Sénatrice Florence Lassarade, Présidente du Groupe Cancer du Sénat. « Unicancer, seule fédération entièrement dédiée à la lutte contre le cancer, a un rôle de référence, son travail avec les associations est indispensable pour garantir un continuum d’informations et de soins, notamment en fin de parcours de soin.” a ainsi souligné le Dr Philippe Bergerot, Président de la Ligue contre le cancer. « L’intégration des patients et des associations dans la réflexion sur les besoins, les parcours, la réalité des recherches et de leurs impacts est indispensable » a rappelé Laure Guéroult-Accolas, Fondatrice et Directrice générale de l’association Patients en réseau, en échos au travail mené avec la Direction R&D d’Unicancer qui contribuent à inclure au plus tôt les patients dans la rédaction des protocoles de recherche. Un engagement partagé par l’association Corasso, et en particulier par sa Présidente, Sabrina Le Bars, en tant que membre engagé du groupe de « patients référents » d’Unicancer. L’occasion aussi de rendre hommage aux actions portée par l’association Aïda auprès des jeunes sujets atteints de cancers, et en particulier la série de vidéos de prévention co-construites avec l’Institut de cancérologie de l’Ouest qui a rencontré un fort succès, avec plus de 1,5 million de vues sur Instagram. |
Faire face aux défis de demain
« Si le cancer n’est plus un défi sociétal, le guérir sera notre ambition d’ici la fin du siècle. L’oncologie de demain ne sera pas une oncologie pour tous, mais une oncologie pour chacun. », a assuré Pr Fabrice Barlesi, Directeur général de Gustave Roussy, qui s’est prêté à l’exercice.
Médecine personnalisée, traitements de précision guidés par l’intelligence artificielle, connaissance fine des caractéristiques tumorales, biologie moléculaire, désescalade thérapeutique… Si la médecine de précision est devenue une réalité en oncologie, les défis sont nombreux.
Alors que 40% des cancers demeurent évitables en agissant sur les facteurs et habitudes à haut risque, l’amélioration des politiques de prévention constitue un enjeu majeur de santé publique. En particulier, la mise en œuvre d’actions de prévention personnalisées fondées sur les facteurs de risque individuel constitue une priorité pour intercepter les cancers précocement et réduire l’apparition de formes graves. La structuration, le partage, et la sécurité de ces données figurent aussi parmi les priorités pour accélérer la recherche et garantir l’accès de tous aux progrès thérapeutiques.
Enfin, afin d’améliorer la coordination des filières et la gradation des soins en cancérologie, l’amélioration de la coopération territoriale entre les acteurs hospitaliers et les acteurs libéraux est centrale. La Pre Frédérique Penault-Llorca, Présidente déléguée d’Unicancer et Directrice générale du Centre Jean Perrin, a ainsi rappelé qu’Unicancer et les CLCC s’inscrivent dans une grande dynamique partenariale à l’échelle des territoires, embrassant une logique d’« aller-vers » les populations les plus éloignées des soins. Cette dynamique nécessite plus que jamais des réformes structurelles, en premier lieu desquelles la mise en œuvre de financements incitatifs à la pertinence et à la qualité.
« Le financement actuel, majoritairement à l’activité, ne permet pas d’encourager ni de valoriser cette coordination, essentielle dans le cadre de prises en charges complexes des patients atteints de cancer. À ce titre, Unicancer encourage la mise en œuvre d’une logique de financement au parcours fondée sur la pertinence, pour accompagner le déploiement des innovations technologiques et thérapeutiques au bénéfice de tous. », a ainsi précisé Sophie Beaupère. « Motivés par l’amélioration du service rendu aux patients, les CLCC et Unicancer sont engagés dans cette voie avec de nombreux projets qu’il s’agit désormais de généraliser” .
| La médecine de demain, à penser dès aujourd’hui La Démarche prospective Unicancer a pour ambition d’anticiper les impacts des évolutions scientifiques, technologiques et sociétales à l’œuvre en matière de prise en charge des patients atteints de cancer, à horizon 2030. Elle est le résultat de travaux conduits dans une logique partenariale et multidisciplinaire forte. Cette démarche nourrit l’ambition forte d’Unicancer et des Centres de lutte contre le cancer d’identifier tous les leviers nécessaires au maintien sur le long terme d’un haut niveau d’excellence et d’engagement au bénéfice des patients. En particulier, elle prédit que la médecine de demain sera « 5P » : personnalisée, préventive, pilotée, de proximité et participative. En savoir plus : Présentation des travaux de la Démarche prospective Unicancer au Sénat |