Un verre d’alcool par jour suffit à augmenter le risque de cancer et à réduire l’efficacité des traitements. En janvier avec le Dry January, puis tout au long de l’année, reprendre la main sur sa consommation, c’est prendre soin de sa santé.

Ne pas consommer d’alcool pendant tout un mois : c’est le « défi de janvier », plus connu sous l’appellation en anglais « Dry January ». Si les bénéfices d’une moindre consommation d’alcool sont reconnus notamment sur l’humeur, la capacité de concentration, la mémoire ou encore le sommeil, ce défi a aussi toute sa place – en janvier puis tout au long de l’année – pour prévenir les cancers.

1/2
En France, près d’un adulte sur deux consomme de l’alcool au moins une fois par semaine et 10 % chaque jour, en particulier parmi les plus de 50 ans.
741 000
nouveaux cas de cancers dans le monde liés à la consommation d’alcool en 2020, soit environ 4 % de l’ensemble des cancers.
2e
En France métropolitaine, l’alcool est la deuxième cause de cancer évitable après le tabac (Baromètre santé, 2021).
1
Le risque de développer certains cancers augmente à partir d’un seul verre d’alcool standard quotidien (10 g).

L’alcool est classé « cancérogène avéré » pour l’être humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 1988. Il est impliqué dans plusieurs localisations de cancers : cavité buccale, pharynx, larynx, œsophage, foie, côlon-rectum, sein. Près de 8 % des cas de cancers en France, soit environ 28 000 nouveaux cas chaque année, sont liés à sa consommation.

L’alcool est ainsi la deuxième cause de cancer évitable en France métropolitaine, après le tabac. Et l’association de ces deux substances est particulièrement toxique : leur consommation excessive combinée multiplie le risque de cancer de la bouche par 36 et celui du larynx par 39.

Un mois sans alcool
Née au Royaume-Uni en 2013, l’expérience du « Dry January » s’est rapidement propagée et des campagnes du « défi de janvier », portées par des associations, ont lieu en France chaque année depuis 2020. Selon le site officiel de ces campagnes, participer à ce défi, c’est « faire le point sur son rapport à l’alcool », « mieux comprendre les raisons qui poussent à consommer » et « apprendre à dire non quand on n’a pas envie ». Un premier pas pour consommer de l’alcool avec modération tout au long de l’année.
Le Défi de janvier n’est pas adapté aux personnes alcoolo-dépendantes. Si vous avez besoin d’aide pour limiter ou arrêter votre consommation d’alcool, vous pouvez en parler avec votre médecin traitant, vous rendre dans un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), bénéficier d’une écoute et d’un soutien via Alcool Info Service, ou assister à des réunions des Alcooliques Anonymes.

Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de consommation « sans risque » : le risque augmente dès un verre par jour et, en 2020, plus de la moitié des cancers attribuables à l’alcool dans le monde1 concernaient une consommation d’alcool inférieure à 2 verres par jour (13.9 %) ou entre 2 et 6 verres par jour (39,4 %). Des études ont montré que la diminution voire l’arrêt de l’alcool permet de réduire le risque de cancer, notamment de l’œsophage et de la bouche2.

La consommation d’alcool diminue aussi l’efficacité des traitements anticancéreux et en augmente les effets indésirables et les risques de complications, notamment infectieuses. La lutte contre la consommation d’alcool intervient donc à différents moments du parcours de soin : en prévention primaire pour réduire le nombre de cancers évitables, en prévention secondaire au cours des traitement pour en garantir l’efficacité et réduire les effets indésirables, en en prévention tertiaire, après les traitements, pour éviter le risque de récidives. 

Tous les ans, les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) s’engagent à promouvoir le défi de janvier, à informer et à sensibiliser sur le lien établi entre alcool et cancer, et à fournir aux patients et à leurs proches des outils concrets pour agir. Suivez-les sur les réseaux sociaux avec #LeDéfiDeJanvier.

Par exemple, le Département Prévention Cancer Environnement du Centre Léon Bérard (Lyon) a développé le portail d’information www.cancer-environnement.fr  pour les professionnels, les patients, leurs proches et le grand public. Il est régulièrement mis à jour avec des informations validées sur les liens entre expositions environnementales, professionnelles et comportementales (notamment la consommation d’alcool) et les risques (avérés ou suspectés) de cancer.

Pourquoi l’alcool augmente les risques de cancer
Le risque de cancer augmente avec la dose d’alcool consommée, quel que soit le type de boisson alcoolisée consommée (vin, bière, apéritifs). L’éthanol contenu dans ces boissons est transformé dans l’organisme en composés favorisant le développement de cancers selon plusieurs mécanismes3, notamment :
  • augmentation des mutations de l’ADN
  • altération du fonctionnement des mitochondries
  • modification de l’action des protéines, en particulier impliquées dans le système immunitaire
  • irritation des muqueuses, rendues plus perméables à d’autres cancérogènes
  • apparition de lésions tissulaires, comme une cirrhose hépatique qui constitue un terrain favorable au cancer du foie
  • perturbation du microbiote intestinal impliqué dans les processus de cancérisation
  • dérégulation des taux d’hormones stéroïdiennes impliquées dans le développement de certains cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein et de l’endomètre
Pour aller plus loin

En cas de cancer, arrêter de fumer améliore aussi l’efficacité des traitements, réduit leur toxicité et augmente les taux de survie, dans la majorité des cancers.


1. CIRC, 2021.

2. Notamment Rumgay, 2021 et Schwarzinger, 2024.

3. https://www.cancer-environnement.fr/fiches/nutrition-activite-physique/alcool-et-cancer/#