Le premier semestre 2026 a été marqué par la publication de plusieurs résultats d’études menées à l’Institut du Cancer de Montpellier par le Département de Radiothérapie et soutenu par le Département de la Recherche Clinique et de l’Innovation et l’Unité de Biométrie.

BONBIS – Pr David Azria
Essai multicentrique (53 centres), randomisé de phase III, évaluant un complément de dose de radiothérapie après traitement conservateur des cancers canalaires in situ du sein (2 004 patients inclus, 11/2008-07/2014). Un premier article, publié dans International Journal of Radiation Oncology, Biology, Physics, rapporte les toxicités tardives, la qualité de vie et les facteurs prédictifs de fibrose mammaire. Il met en évidence une augmentation des fibroses mammaires de grade ≥2 et une persistance plus fréquente des symptômes mammaires avec le boost de radiothérapie. Les résultats définitifs seront publiés en fin d’année 2026 avec présentation au congrès Européen de l’ESTRO à Milan en Avril 2027.
GETUG V04 – Pr David Azria
Etude multicentrique de phase II (9 centres) a inclus 69 patients (juin 2011- juin 2019). Elle évaluait l’association radiothérapie, cisplatine et gemcitabine dans les cancers infiltrants de la vessie opérables d’emblée. Publiés dans Radiotherapy and Oncology, le schéma montre une survie sans maladie comparable au standard (radiothérapie + cisplatine) et des toxicités globalement similaires. Cependant, les données sur les risques métastatiques sont en défaveur de la triplette incluant la gemcitabine. Ces données n’ont pas permis de modifier le standard actuel incluant le cisplatine dans les stratégies de conservation vésicale.
RCMIGI – Dr Olivier Riou
Cette étude randomisée de phase II a évalué la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité et réduction des marges dans le cancer localisé de la prostate. Entre août 2016 et mai 2022, 74 patients ont été inclus à l’ICM et randomisés entre radiothérapie guidée par l’image standard et guidage innovant permettant une réduction des marges de traitement. Les résultats, publiés dans Radiotherapy and Oncology, montrent une technique faisable, avec amélioration de certains paramètres dosimétriques sur les organes à risque tout en maintenant une bonne couverture des volumes cibles tumoraux. La réduction des marges est associée à une faible toxicité génito-urinaire et à une amélioration de la qualité de vie urinaire.
RE-IORT01 – Dr Claire Lemanski
Cette étude, portée par l’ICM a fait l’objet d’un soutien de l’INCA (PHRC) en 2013. Essai de phase II multicentrique, elle a rassemblé tous les centres français équipé d’un appareil de radiothérapie intra-opératoire, incluant 66 patients entre janvier 2015 et avril 2018. Elle évaluait la possibilité d’un second traitement conservateur, couplé à une reirradiation partielle intra-opératoire, pour les récidives locales de bon pronostic (tumeurs hormonosensibles T1 N0 M0, survenant après un délai de 5 ans et plus). Les résultats confirment la faisabilité de cette strategie thérapeutique, en alternative à la mastectomie de rattrapage, sur le plan de la toxicité (fibrose), comme sur le plan carcinologique. Les résultats viennent d’être publiés dans Radiotherapy and Oncology.
Cette activité illustre le dynamisme de la recherche clinique menée à l’ICM et sa contribution au développement de nouvelles approches thérapeutiques et technologies en oncologie.
Les publications complètes sont disponibles sur ce lien