Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé cinq grands chantiers pour transformer le système de santé. Unicancer, qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC) partage les ambitions portées par cette stratégie mais appelle les pouvoirs publics à donner aux établissements de santé les moyens de cette transformation. La fédération considère en effet que les annonces de baisse tarifaire obèrent la capacité collective à faire évoluer véritablement les organisations, dans un contexte financier déjà contraint. Malgré ses inquiétudes, Unicancer participera aux concertations et formule des propositions concrètes.

Accompagner la réforme du système de santé par des moyens adaptés

Patrice Viens, Président d’Unicancer déclare « financièrement, 2017 a été une année difficile, qui a demandé de très gros efforts aux établissements : il n’y a plus de marge de manœuvre pour 2018.Toute baisse tarifaire anéantirait nos capacités d’innovation et de transformation. Nous sommes très déçus et inquiets par les annonces alors même que les discussions sur la baisse tarifaire ne sont pas encore terminées. Nous aurions besoin d’une période de transition pour gérer au mieux ces transformations. »

Faire évoluer les modes de financements et de régulation

Unicancer partage le constat que les modalités de financement actuelles atteignent leurs limites y compris dans le financement de l’innovation et de la coordination des parcours. Les CLCC ont l’intention de s’engager activement dans des expérimentations visant à moduler la part de la T2A dans les financements.

Identifier, mesurer les résultats des bonnes pratiques et les généraliser

En matière de qualité et pertinence des soins, Unicancer rappelle ses propositions formulées dans le cadre de la Stratégie nationale de santé. Historiquement précurseurs dans le domaine de l’élaboration de standards et de recommandations de bonnes pratiques, les CLCC considèrent qu’il est nécessaire d’aller plus loin pour accroître la pertinence et la qualité des soins en développant et en publiant des indicateurs de résultats, ainsi qu’en favorisant l’émergence d’outils qui permettent d’associer les patients à la mesure de ces résultats (PROMs**, PREMs***). Les CLCC souhaitent se lancer dans cette démarche de manière plus systématique et proposent que l’Etat accompagne, voire généralise ce type d’approche.

Accélérer le virage numérique

Unicancer est convaincu que le numérique fluidifiera la relation ville-hôpital et le parcours de soins, et facilitera le virage ambulatoire. Cette transformation ne pourra être effective et rapide qu’avec une mobilisation financière conséquente de l’Etat.

Repenser l’organisation territoriale

En matière de lutte contre les inégalités territoriales, les CLCC sont prêts à renforcer leurs coopérations dans le cadre des GHT et à s’investir dans leurs territoires, sous l’égide des ARS, dans le pilotage de parcours en cancérologie. Unicancer sera particulièrement vigilant dans les mois à venir sur le dossier de révision des autorisations en cancérologie.

S’inscrire dans le chantier de la formation des professionnels de santé

Unicancer partage les préoccupations des pouvoirs publics en matière de formation des professionnels de santé et contribuera aux déploiement de nouveaux métiers en cancérologie.

La cancérologie a prouvé qu’elle est un formidable terrain d’innovations thérapeutiques, technologiques et organisationnelles : il est essentiel qu’en déclinaison de la Stratégie nationale de santé, un nouveau plan cancer, prenant le relais du Plan cancer 3 en cours, soit élaboré par l’Etat en 2018.