Un parcours personnalisé pour prévenir et détecter plus tôt certains cancers
Certaines personnes présentent, en raison de leur histoire personnelle ou familiale, de facteurs génétiques ou de certaines expositions, un risque plus élevé de développer un cancer.
Interception leur propose un parcours personnalisé de prévention et de dépistage, adapté à leur niveau de risque, à leurs besoins et à leurs choix.
Ce parcours associe les professionnels de santé de ville et les équipes hospitalières. Il combine des consultations en présentiel, un accompagnement de proximité et des outils numériques. Il repose sur une organisation coordonnée entre la ville et l’hôpital. Il se base sur des éléments validés par la science et les recommandations internationales.
Interception est un programme de prévention personnalisée développé et piloté par Gustave Roussy. Il se déploie actuellement dans une dizaine de centres en France.
Son objectif est double :
- Réduire le risque de développer un cancer grâce à des actions de prévention ciblées ;
- Favoriser une détection plus précoce grâce à un suivi et à des examens adaptés au niveau de risque de chaque personne.
Interception complète les actions de prévention et de dépistage proposées à l’ensemble de la population.
Qu’est-ce que l’expérimentation nationale Interception ?
Dans le cadre du dispositif national Article 51, le programme INTERCEPTION va être évalué dans sept établissements de santé. Ce cadre permet d’expérimenter à l’échelle nationale de nouvelles organisations de soins sous l’égide du ministère chargé de la Santé. Cette expérimentation est portée par Unicancer. Les premiers patients seront inclus à partir d’octobre 2026.
À qui s’adresse Interception ?
Interception concerne des personnes présentant un risque élevé de certains cancers. Huit parcours sont actuellement prévus :
- Risque élevé de cancer du sein, notamment en lien avec l’histoire familiale ou certaines lésions atypiques ;
- Prédisposition génétique aux cancers du sein, notamment en présence d’une mutation des gènes BRCA1, BRCA2 ou PALB2 ;
- Risque de cancer du pancréas, lié à certaines situations familiales, pathologies ou prédispositions génétiques ;
- Risque de cancer du poumon, notamment chez certaines personnes ayant une exposition importante au tabac ;
- Risque de cancer colorectal, en lien avec des antécédents familiaux, des polypes à risque ou d’autres facteurs ;
- Prédisposition génétique au cancer colorectal, notamment dans le cadre d’un syndrome de Lynch ;
- Prédisposition génétique au cancer de la prostate, en présence de certaines mutations ;
- Exposition pendant l’enfance à une chimiothérapie ou à une radiothérapie.
Les parcours proposés peuvent varier selon les centres Interception. D’autres parcours pourront être intégrés au cours de l’expérimentation après validation par le Ministère chargé de la santé.
La présence d’un facteur de risque ne signifie pas qu’un cancer va nécessairement se développer. Une évaluation par une équipe spécialisée permet de préciser le niveau de risque et de déterminer les mesures de prévention ou de surveillance les plus adaptées.
Comment se déroule le parcours ?
Le parcours Interception comprend quatre grandes étapes.
1. Repérer une situation de risque augmenté
Pour déterminer si le profil de son patient correspond à un parcours INTERCEPTION, un médecin traitant ou tout autre professionnel de santé utilise un questionnaire en ligne de pré-éligibilité,développé par Gustave Roussy, appelé Scorisk. Le professionnel de santé remplit le questionnaire avec la personne concernée.
2. Participer à une journée Interception
Si la situation le justifie, la personne peut être orientée vers un centre participant afin de prendre part à une « journée Interception ».
Cette journée, réalisée une seule fois dans le parcours, associe des consultations et des ateliers avec des personnes présentant une situation de risque comparable. Elle a pour objectifs :
- d’évaluer plus précisément le niveau de risque ;
- de mieux comprendre les facteurs de risque concernés ;
- de connaître les moyens de réduire les risques sur lesquels il est possible d’agir ;
- de comprendre les bénéfices et les éventuels inconvénients des examens de dépistage ;
- d’identifier les signes qui doivent conduire à consulter ;
- de construire un programme personnel de prévention et de suivi : le plan personnalisé de prévention.
3. Appliquer son plan personnalisé de prévention
Le plan personnalisé de prévention tient compte du niveau de risque, des besoins et des choix de la personne. Sa mise en œuvre est coordonnée dans la durée avec le médecin traitant et les professionnels de santé de proximité.
Ce plan comprend :
- des examens de dépistage adaptés ;
- des conseils personnalisés pour la nutrition, l’activité physique;
- un entretien motivationnel à trois mois ;
et selon les besoins :
- un accompagnement nutritionnel renforcé;
- un accompagnement en addictologie.
L’entretien motivationnel, l’accompagnement nutritionnel et celui en addictologie (1 bilan et 5 séances) seront financés par l’Assurance Maladie dans le cadre de l’expérimentation. Les autres examens seront pris en charge par l’Assurance Maladie selon le droit commun.
4. Maintenir un lien dans la durée
3 mois après la venue à la journée Interception, une téléconsultation avec une infirmière du centre Interception est organisée.
L’application MyInterception permet au patient de conserver avec son smartphone un lien avec le centre Interception. Chaque année, l’application propose un questionnaire pour prendre des nouvelles.
Elle peut envoyer des rappels concernant les examens à réaliser, mettre à disposition des informations actualisées et permettre l’adaptation du plan de suivi lorsque les recommandations de prévention ou de dépistage évoluent. Elle prévoit également la possibilité de contacter le centre en cas de suspicion de cancer. Elle envoie aussi une (ou deux ?) fois par an à chaque médecin en charge du suivi d’un ou plusieurs patients le récapitulatif du suivi du plan de prévention personnalisé de ces patients.
Vous êtes patient ou pensez être concerné ?
Parlez-en avec un professionnel de santé
Votre médecin traitant ou un autre professionnel de santé (pharmacien, infirmière, kinésithérapeute…) peut vous présenter Interception et vérifier avec vous, à l’aide du questionnaire Scorisk, si votre situation peut correspondre à l’un des parcours proposés.
Le questionnaire constitue une première étape de repérage. Il ne remplace ni une consultation médicale, ni l’évaluation réalisée par l’équipe du centre Interception.
Si vous êtes pré-éligible, votre professionnel de santé pourra vous expliquer la démarche et vous orienter vers le centre Interception de votre territoire.
À retenir
- La démarche est personnalisée.
- Elle tient compte de votre situation et de vos choix.
- Être éligible à un parcours INTERCEPTION ne veut pas dire que vous êtes malade ou que vous allez le devenir
- Vous n’avez rien à payer.
- Elle vise à agir en amont, lorsque des mesures de prévention ou de dépistage adaptées peuvent être proposées.
- Votre médecin traitant reste un acteur essentiel de votre suivi.
Vous êtes un professionnel de santé et souhaitez adresser un patient ?
Les professionnels de santé de ville jouent un rôle essentiel dans le repérage des personnes susceptibles de présenter un risque élevé de cancer.
Votre rôle
En pratique, vous pouvez :
- Présenter au patient l’intérêt d’une démarche personnalisée de prévention ;
- Compléter avec lui le questionnaire de pré-éligibilité Scorisk ; il faudra créer votre compte à votre première connexion
- Répondre à ses premières questions ;
- Lui expliquer la signification d’une pré-éligibilité ; elle sera vérifiée par le Centre INTERCEPTION par des questionnaires supplémentaires
- L’encourager, lorsque cela est pertinent, à participer à une journée Interception dans le centre de proximité.
La présentation du programme et la complétion du questionnaire nécessitent 5 minutes. Un guide d’entretien et des formations en ligne à l’utilisation de Scorisk sont prévus dans le cadre de l’expérimentation.
Financement du repérage
Le dispositif prévoit un financement dérogatoire :
- 150 € pour 30 questionnaires Scorisk réalisés ;
- une majoration de 30 % si plus de 10 % des personnes repérées participent à une journée Interception.
Comment être rémunéré ?
Afin d’être rémunéré, veuillez suivre les étapes suivantes :
- Créer un compte praticien sur Scorisk,
- Pour les professionnels ne disposant pas d’un numéro Assurance Maladie, veuillez adresser au centre Interception de proximité :
- Le bulletin d’adhésion signé (à télécharger lors de l’inscription au portail Scorisk)
- Votre relevé d’identité bancaire
- Pour les professionnels disposant d’un numéro Assurance Maladie, le règlement sera effectué par l’Assurance Maladie, veuillez adresser au centre Interception de proximité :
- Le bulletin d’adhésion signé (à télécharger lors de l’inscription au portail Scorisk)
Vous assurez le suivi d’un patient après la journée Interception ?
Votre patient vous a choisi comme médecin en charge de son suivi. Vous avez un rôle central dans la mise en œuvre et le suivi de ce plan dans la durée. Vous accompagnez la personne dans l’adoption des mesures de prévention recommandées, veillez à la réalisation des examens de dépistage prévus et coordonnez, lorsque cela est nécessaire, l’intervention des professionnels impliqués dans son parcours (diététicien, addictologue, autres spécialistes). Cette collaboration ville-hôpital vise à garantir un suivi personnalisé, évolutif et adapté aux besoins de chaque personne.
A l’issue de la journée Interception, le patient vous choisit comme médecin en charge de son suivi. Vous recevez une invitation à vous connecter sur la plateforme MyInterception. Pour la première connexion, vous serez amené à créer un compte.
Le programme prévoit une rémunération spécifique pour la première année de suivi du patient.
La plateforme MyInterception vous enverra un bilan du suivi du Plan de Prévention Personnalisé (PPP) de vos patients suivis dans le cadre du programme sur la base de ce qu’auront déclaré les patients.
Le Plan de Prévention Personnalisé peut comporter des modules d’accompagnement réalisés par des professionnels de proximité.
Deux modules peuvent être prévus dans le PPP :
- un module nutrition, assuré par un diététicien ou un médecin nutritionniste ;
- un module d’addictologie, assuré par un tabacologue ou un addictologue.
En tant que professionnel de santé, vous avez un rôle clé à jouer dans le repérage des personnes susceptibles de présenter un risque élevé de cancer. Pour en savoir plus, CLIQUER ICI (Bouton menant à la page « Vous êtes un professionnel de santé et souhaitez adresser un patient ? »).
Rémunération du suivi
Le programme expérimental prévoit une rémunération de :
- 16€ la première année en complément de la consultation habituelle
Pour permettre le règlement, le professionnel transmet au Centre Interception
- Le bulletin d’adhésion signé ;
Et indique sur la plateforme MyInterception :
- La date de réalisation de la consultation.
Vous assurez l’accompagnement nutrition ou addictologie d’un patient après la journée Interception ?
Deux modules peuvent être prévus dans le plan de prévention personnalisé d’un patient :
- un module nutrition, assuré par un diététicien ou un médecin nutritionniste ;
- un module d’addictologie, assuré par un tabacologue ou un addictologue.
Organisation de l’accompagnement
Lorsque l’accompagnement est indiqué, le patient reçoit une ordonnance du centre Interception prévoyant :
- Un bilan initial ;
- Jusqu’à cinq séances d’accompagnement.
Le patient remet au professionnel :
- L’ordonnance comportant son numéro d’identification ;
- Un bulletin d’adhésion à l’expérimentation ;
- Les modalités de facturation ;
- Une notice d’information.
Le bilan initial doit être réalisé dans les six mois suivant la journée Interception. Il permet de définir les objectifs et les modalités de l’accompagnement.
Rémunération du module nutrition
Le support prévoit une rémunération de :
- 35 € pour le bilan initial ;
- 35 € par séance d’accompagnement.
Pour permettre le règlement, le professionnel transmet au centre mentionné sur l’ordonnance :
- Le bulletin d’adhésion signé ;
- La facture des prestations réalisées ;
- L’identifiant du patient ;
- La date de réalisation de chaque prestation ;
- Son relevé d’identité bancaire.
La facture doit préciser la nature de la prestation : « bilan initial Interception » ou « séance d’accompagnement Interception ».
Le règlement est effectué par le centre Interception. Aucun paiement ne doit être demandé au patient pour le bilan ou les séances couvertes par le dispositif.
Rémunération du module Addictologie
Le support prévoit une rémunération de :
- 45 € pour le bilan initial ;
- 40 € par séance d’accompagnement.
Pour permettre le règlement, le professionnel transmet au centre mentionné sur l’ordonnance :
- Le bulletin d’adhésion signé ;
- La facture des prestations réalisées ;
- L’identifiant du patient ;
- La date de réalisation de chaque prestation ;
- Son relevé d’identité bancaire.
La facture doit préciser la nature de la prestation : « bilan initial Interception » ou « séance d’accompagnement Interception ».
Le règlement est effectué par le centre Interception. Aucun paiement ne doit être demandé au patient pour le bilan ou les séances couvertes par le dispositif.
Pourquoi participer en tant que professionnel ?
Participer à Interception permet de :
- Contribuer à une expérimentation nationale visant à mieux intégrer la prévention personnalisée dans le système de santé ;
- Prendre part à un parcours coordonné autour des besoins de la personne ;
- Renforcer la prévention dans sa pratique professionnelle ;
- Développer les collaborations entre professionnels de ville et équipes hospitalières sur son territoire.
Les centres participant à l’expérimentation
Sept centres et leurs territoires participent à l’expérimentation :
- Gustave Roussy, Villejuif ;
- Institut du cancer Avignon Provence, Avignon ;
- Institut Bergonié, Bordeaux ;
- Centre Léon Bérard, Lyon ;
- Centre Eugène Marquis, Rennes ;
- Polyclinique du Parc, Saint-Saulve ;
- CHU de La Réunion.
Les parcours disponibles peuvent différer d’un centre à l’autre. Le centre de proximité pourra confirmer l’éligibilité de la personne et les modalités d’organisation du parcours.
Questions fréquentes
Être à risque augmenté signifie-t-il que j’ai un cancer ?
Non. Cela signifie que votre risque de cancer est plus important que la moyenne. Interception s’adresse à des personnes qui, en général, n’ont jamais eu de cancer, mais dont la situation justifie une prévention ou un dépistage plus personnalisé…
Puis-je m’inscrire directement ?
Idéalement, le parcours commence par un déterminer si vous êtes éligibles. Parlez-en à votre médecin, votre pharmacien, ou tout autre professionnel de santé. Celui-ci peut compléter avec vous le questionnaire Scorisk et vous orienter si votre situation correspond à l’un des parcours proposés. A défaut, si vous n’arrivez pas à contacter un professionnel de santé, vous pouvez vous rapprocher d’un centre INTERCEPTION, qui pourra vous renseigner directement.
La pré-éligibilité obtenue avec Scorisk garantit-elle l’entrée dans le programme ?
Non. Scorisk est un questionnaire de pré-éligibilité. L’évaluation et la confirmation de l’orientation relèvent ensuite du centre Interception.
Mon médecin traitant reste-t-il impliqué ?
Oui. Le suivi est conçu dans une logique de collaboration entre la ville et l’hôpital. Le médecin traitant contribue à la coordination du plan personnalisé dans la durée.
Dois-je faire les examens de dépistage dans le centre INTERCEPTION ?
Non : les examens du plan de prévention sont le plus souvent faits en ville, prescrits par le médecin traitant.
Le plan de prévention comporte-t-il uniquement des examens ?
Non. Il peut associer des examens de dépistage, des conseils de prévention et, selon les besoins, un accompagnement nutritionnel ou en addictologie. Il est personnel, ce qui fait que deux personnes de la même famille peuvent avoir des plans différents.
Le patient doit-il payer l’accompagnement nutritionnel prévu par le programme ?
Aucun règlement ne doit être demandé au patient pour le bilan initial ou les séances d’accompagnement couverts par l’expérimentation. Le centre Interception règle directement le professionnel selon les modalités prévues.
Agir aujourd’hui pour mieux prévenir demain
Vous êtes patient et pensez présenter un risque particulier ?
Parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de santé.
Vous êtes professionnel de santé ?
Aidez vos patients à identifier leur niveau de risque et à accéder, lorsque cela est pertinent, à un parcours personnalisé de prévention et de dépistage.