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02/06/2014

Congrès de l’ASCO 2014 : Deux études françaises pour améliorer la prise en charge des personnes âgées atteintes d’un cancer

ASCO 2014

Deux études françaises visant à mieux comprendre l’altération des fonctions cognitives et à identifier les facteurs de mortalité précoce chez les personnes âgées atteintes d’un cancer ont été présentées samedi 31 mai au 50e Congrès de l’ASCO, lors d’un symposium consacré aux résultats et interventions en oncogériatrie.

 

Evaluer les fonctions cognitives des femmes âgées atteintes d’un cancer du sein

Le Pr Florence Joly-Lobbedez, oncologue médical et chef de service de l’unité de Recherche clinique au Centre François Baclesse, a présenté les résultats de la première étude qui a analysé de façon prospective l’évolution des fonctions cognitives des femmes âgées après traitement complémentaire à la chirurgie (par chimiothérapie et/ou radiothérapie) pour un cancer localisé du sein.

Plusieurs études conduites auprès de femmes jeunes avaient montré que les traitements du cancer pouvaient engendrer des troubles cognitifs. Mais aucune étude s’était intéressée au patientes âgées, pourtant plus à risque de développer des troubles cognitifs liés à l'âge.

L’étude a concerné 120 femmes âgées (moyenne d’âge 70 ans) opérées d’un cancer localisé du sein. Parmi ces femmes, 62 ont reçu un traitement de radiothérapie et 58 un traitement par chimiothérapie plus ou moins radiothérapie. Un groupe témoin de 62 femmes issues de la population générale (moyenne d’âge de 71 ans) a été également constitué.

Toutes les femmes ont répondu à des auto-questionnaires pour exprimer leur ressenti et ont passé des tests neuropsychologiques pour évaluer leur fonction cognitive et leur mémoire.

Il en ressort que 49% des patientes présentent plus de troubles cognitifs objectivés par les tests neuropsychologiques après traitement du cancer. Le déclin principal concernait la mémoire  (25% mémoire de travail et 15% mémoire verbal).

Il n’y avait pas de différence significative entre les femmes ayant reçu de la radiothérapie seule ou de la radiothérapie+chimiothérapie.

Cependant, les patientes traitées par chimiothérapie rapportaient plus de plaintes cognitives et de fatigue avec une répercussion sur leur qualité de vie.

 

 

Les patientes âgées développent plus de troubles cognitifs liés au traitements du cancer quel que soit le traitement complémentaire.

La prise en compte et l’évaluation de ces effets secondaires, sous-estimés jusqu’à présent, est indispensable pour améliorer la qualité de vie de ces patientes.

Le Pr Joly-Lobbedez,
oncologue médical et chef de service de l’unité de Recherche clinique au Centre François Baclesse

 

 

Détecter les facteurs prédictifs de décès précoce

Le Dr Rabia Boulahssass, gériatre exerçant au Centre Antoine Lacassagne (Nice) et au CHU de Nice, a présenté les résultats d’une étude de cohorte visant à identifier les facteurs prédictifs de décès précoces des patients âgés atteints d’un cancer, à partir d’une évaluation gériatrique. Cette étude a été portée par l’Unité d’Oncogériatrie (UCOG) PACA-Est, en partenariat avec le Centre Antoine Lacassagne (Dr Eric François)  et le CHU de Nice (Pr Olivier Guerin).

L’étude a inclus 547 patients âgés atteints d’un cancer (moyenne d’âge 82 ans). Une évaluation gériatrique a été réalisée avant le début de traitement. Pendant 100 jours de suivi, les informations concernant le taux de décès, les traitements effectués et les interventions gériatriques ont été collectées.

Les résultats montrent que 22% des patients sont décédés pendant les 100 premiers jours. Les patients présentant un cancer en phase métastatique, un MNA (évaluation de l’état nutritionnel) inférieur ou égal à 23,5 et une vitesse de marche inférieure à 0,8m/s avaient significativement en analyse multivariée plus de risque de mourir.

 

 

Cette étude confirme l’importance de l’évaluation gériatrique pour prédire les facteurs de risque de décès.

Il est nécessaire de dépister les déficiences potentielles des personnes âgées afin de pouvoir leur accompagner au mieux et mettre en place des interventions gériatriques ciblées telles qu’une prise en charge nutritionnelle adaptée ou une rééducation physique.

Cela permet également d’aider les oncologues dans la décision thérapeutique en classant les patients selon des niveaux de fragilité.

Le Dr Boulahssass,
gériatre exerçant au Centre Antoine Lacassagne (Nice) et au CHU de Nice

 

 

Les cancers des personnes âgées *

Tous sexes confondus, près d’un tiers des cancers sont diagnostiqués après l’âge de 75 ans (17,8 % d’hommes et 14 % de femmes).

Chez les hommes, sur 207 000 nouveaux cas de cancers estimés en 2011, près de 50 000 surviennent chez les 75-84 ans et environ 15 360 chez les plus de 85 ans. Chez les femmes, sur 158 500 cas incidents estimés en 2011, 33 400 apparaissent dans la classe d’âge 75-84 ans et près de 18 360 après 85 ans.

Le risque de décès liés au cancer est plus élevé chez les sujets de plus de 75 ans. Ainsi, la survie relative à 5 ans pour les patients de plus de 75 ans diagnostiqués entre 1989 et 1997 est de 45% chez les femmes (alors qu’elle est de 63% tous âges confondus) et 31% chez les hommes (vs 44% tous âges confondus).

Si l’effet délétère de l’âge sur le pronostic est variable selon les cancers, on le retrouve pour les cancers les plus fréquents. L’augmentation du risque de décès chez les sujets âgés peut avoir plusieurs explications (non exclusives) : une prise en charge plus tardive, un plus mauvais état général les rendant plus vulnérables à la maladie cancéreuse, la présence de comorbidités, et au niveau de la prise en charge, une prise en charge inadaptée (trop ou pas assez agressive). On remarque toutefois que ces différences de pronostic liées à l’âge s’atténuent lorsqu’on s’éloigne du diagnostic de la maladie.

Pour améliorer la prise en charge des personnes âgées atteintes d’un cancer, l’Institut national du cancer (INCa) a mis en place les unités de coordination en oncogériatrie. Il existe aujourd'hui 24 unités de coordination en oncogériatrie déployées sur le territoire français. Les Centres de lutte contre le cancer portent, en coopération avec les CHU, 15 de ces unités.

(*Source INCa)

 

Plus d'informations

Contact presse UNICANCER :

Viviane Tronel
Responsable communication
Tél. : 01 76 64 78 00 >  06 22 19 92 58
E-mail : v-tronel@unicancer.fr