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20/11/2018

Une Première dans le traitement du cancer du sein au Centre Antoine Lacassagne de Nice : guérir en un jour les petits cancers du sein.

Nice, 19 novembre 2018 - Pour la première fois au monde, une patiente atteinte d’un cancer du sein de petite taille a été traitée par une séance de radiothérapie au bloc opératoire pendant l’intervention enlevant sa tumeur (Radiothérapie PerOpératoire - RPO) grâce au nouvel appareil Papillon+ tm en deux minutes au lieu de 30 minutes précédemment. Avec cette innovation, la patiente a pu être traitée en une seule journée, au lieu de 3 ou 4 jours d’hospitalisation et 6 semaines de radiothérapie.

On connait l’importance du cancer du sein dans notre société : en France 45 000 nouveaux cas par an et 12 000 décès. Grâce au dépistage, les petits cancers du sein (tumeur unique de moins de 2 cm de diamètre sans atteinte ganglionnaire) sont diagnostiqués de plus en plus souvent. Ils guérissent dans la majorité des cas et sont traités en enlevant la tumeur lors d’une intervention chirurgicale (tumorectomie), suivie de 6 semaines de radiothérapie pour éviter une rechute locale dans le sein préservé. Depuis 2011, il était possible de réaliser la radiothérapie pendant l’intervention chirurgicale avec l’appareil Intrabeam tm. Une fois la tumeur retirée, le chirurgien et l’oncologue radiothérapeute positionnent un applicateur sphérique pour placer un tube à rayons X 50 kV à faible pénétration. L’irradiation est alors délivrée, la patiente étant toujours sous anesthésie générale. L’inconvénient de l’appareil Intrabeam tm est que le temps d’irradiation est de 30 minutes.

 

Un temps de radiation réduit

Avec le tout nouvel appareil Papillon+ tm conçu par le Pr Jean Pierre GERARD, Radiothérapeute au Centre Antoine Lacassagne, en coopération avec une start-up Britannique (ARIANE cpy), le temps d’irradiation est réduit à 1 ou 2 minutes grâce à un système de refroidissement original.

Le Papillon + tm est dérivé du Papillon 50tm déjà utilisé au Centre Antoine Lacassagne pour traiter les cancers du rectum et de la peau, dérivé lui-même d’une technique mise au point dans les années 70 à Lyon par le Pr J Papillon et introduite à Nice en 2001.

Deux avantages majeurs sont au crédit de cette nouvelle technique :

  • pour la patiente grâce à cette chirurgie ambulatoire un sentiment de moindre gravité de sa maladie traitée en une seule journée (au lieu de 3 ou 4 jours d’hospitalisation et 6 semaines de rayons).
  • pour l’hôpital un gain de temps majeur (30 minutes) qui économise du temps chirurgien, médecin et personnel en permettant une meilleure utilisation du bloc opératoire.

 

Un pas de plus vers plus de guérison, sans mutilation

La première patiente bénéficiant de cette nouvelle technique a été opérée le 26 octobre dernier. Arrivée le matin au Centre, elle est endormie à 9h30 dans une salle d’opération dont les murs sont radioprotégés. L’appareil  Papillon +tm est positionné à côté de la table d’opération. Juste après la tumorectomie, l’oncologue radiothérapeute (Dr Marie-Eve CHAND) et le chirurgien (Dr Magali  DEJODE) ont introduit avec grande précision un applicateur de 3,5 cm de diamètre dans la cavité d’exérèse au centre duquel se trouve l’extrémité du tube à rayons X.

L’anesthésiste vérifie que les constantes vitales de la patiente endormie sont satisfaisantes et tout le monde quitte la salle d’opération à 10h15.

L’irradiation déclenchée et supervisée par le radiophysicien (Julien FEUILLADE) dure 40 secondes pendant lesquelles l’anesthésiste contrôle l’état de la patiente par télésurveillance.

A 10h17 toute l’équipe reprend l’opération qui se termine à 10h45.

La patiente regagne sa chambre à midi parfaitement réveillée et après la visite du chirurgien et de l’oncologue radiothérapeute à 16h00, elle retrouve son domicile à 19h00.

Trois semaines plus tard la patiente va pour le mieux et le sein opéré a repris son aspect normal initial.

Une deuxième patiente a été opérée dans des circonstances identiques le 16 novembre par le Pr Emmanuel BARRANGER.

Cette étude clinique contrôlée par la HAS (Haute Autorité de Santé) doit inclure 46 malades.

 

 

On espère au moins 90% de guérisons et moins de 4% de rechute locale. Il est vraisemblable qu’en 2019 cette technique pour l’instant réservée aux patientes de 60 ans ou plus (après 60 ans le risque de rechute locale est moindre) va se généraliser en France et dans le monde. Nous faisons un pas de plus vers plus de guérison, sans mutilation et surtout vers des traitements moins contraignants permettant de mieux surmonter l’épreuve psychologique de la maladie cancéreuse

Pr Jean Pierre GERARD