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09/03/2015

Prise en charge du cancer en Afrique - le cancer n’est pas une fatalité : exemple du rétinoblastome

Institut Curie, Centre de lutte contre le cancer, ParisL'Institut Curie a accueilli les 6 et 7 mars 2015 la 1ère réunion du "réseau d'équipes d'Afrique sub-saharienne" pour la prise en charge du rétinoblastome.

Aujourd’hui guérie en France dans plus de 98% des cas, cette rare tumeur du jeune enfant ne l’est que dans moins de 30% des cas en Afrique sub-saharienne.

Les résultats obtenus à Bamako depuis 2011 rapportés par le Dr Fousseyni Traoré : « sur les 124 cas pris en charge au Mali en 40 mois, 49 présentaient une forme précoce et 98% sont en rémission complète ».

Ces résultats apportent la démonstration que le diagnostic précoce du rétinoblastome associé à l'organisation de la prise en charge est la clé, et, selon le Dr Fatou Sylla, ophtalmologiste à Bamako, « permet de tordre le cou à l'idée que le cancer en Afrique est une fatalité contre laquelle on ne peut rien ».

Le rétinoblastome (cancer de la rétine) est une tumeur rare (50 cas nouveaux par an en France) qui touche les jeunes enfants (entre 0 et 4 ans) et dans 40% des cas atteint les 2 yeux.

Si aujourd'hui plus de 98% des enfants atteints de cette maladie guérissent en France grâce à un diagnostic précoce et à un accès facile et rapide à des soins de qualité, il n'en est pas de même en Afrique, particulièrement en Afrique francophone sub-saharienne ou on estime à 500 le nombre de nouveaux cas annuels avec des taux de guérison souvent inférieur à 30%.

Or le traitement est relativement simple pour les formes unilatérales qui peuvent être détectées précocement : énucléation (avec remplacement par prothèse) et chimiothérapie.

Le traitement est plus complexe pour les formes bilatérales pour arriver à conserver au moins un oeil et une vision utile.

En 2011, l'Alliance Mondiale Contre le Cancer (AMCC, présidée par le Pr Martine Raphael) a élaboré avec l'équipe de Bamako au Mali (Drs Fatou Sylla, ophtalmologiste à l'Institut d'Ophtalmologie Tropicale de l'Afrique et Drs Fousseyni Traoré et Boubacar Togo, pédiatres formés à l'oncologie au CHU Gabriel Touré) un programme intitulé "Soutien au diagnostic précoce, à l'accès aux traitements et à la réhabilitation des enfants atteints de rétinoblastome en Afrique francophone sub-saharienne", s'appuyant sur l'expertise de l'Institut Curie (centre de référence pour le rétinoblastome en France) et sur les unités pilotes du Groupe Franco-Africain d'Oncologie Pédiatrique (GFAOP, président Pr Mhamed Harif, Marrakech) dont la création a été initiée dès 2000 par le Pr Jean Lemerle de Gustave Roussy.

Ce programme est coordonné par le Pr Pierre Bey, directeur médical de l'AMCC et ancien directeur de l'hôpital de l'Institut Curie, aidé du Dr Laurence Desjardins, chef du service d'ophtalmologie de l'Institut Curie.

Le programme, lancé en novembre 2011 à Bamako (Mali), consiste en une aide à l'information des personnels des centres de santé primaires et des parents, à une formation complémentaire d'une durée d'1 semaine à 2 mois à Paris, pour les spécialistes (ophtalmologiste, anatomopathologiste, prothésiste oculaire) ainsi qu'à un soutien matériel.

Depuis cette date jusqu'à fin février 2015 (soit en 40 mois), et malgré un contexte politique difficile, 124 cas ont pu être pris en charge par l'équipe malienne (dont 20% venant de pays limitrophes).

77 cas (soit 62%) étaient des rétinoblastomes localisés (contre moins de 40% avant 2010) et sur 49 enfants avec une forme précoce (unilatérale intraoculaire), 48 sont aujourd'hui en rémission complète (soit 98%) après énucléation et chimiothérapie. Ces 48 patients ont reçu une prothèse oculaire confectionnée sur place.

Les traitements conservateurs (par thermo-chimiothérapie) dans les formes bilatérales ont pu débuter à Bamako en août 2014 grâce à l'achat d'un Laser adapté avec une formation ophtalmologique spécifique, financé par l’AMCC.

Selon le Pr Pierre Bey, « le rétinoblastome est une tumeur exemplaire qui permet de faire rapidement la démonstration que les équipes sur place peuvent, avec un peu d’aide, changer le cours des choses ». Il ajoute que « cela peut s'appliquer à d'autre cancers notamment de l'enfant et de l'adulte jeune, un élément capital au moment même où l'Afrique prend conscience de l'importance que va avoir le cancer dans les prochaines décennies ».

Le programme "rétinoblastome" a été étendu à d'autres pays avec une adaptation aux besoins locaux : Lubumbashi (RD du Congo) depuis décembre 2012, Dakar (Sénégal) et Abidjan (Côte d'Ivoire) depuis novembre 2013 et Antananarivo (Madagascar) depuis novembre 2014.

 

Formaliser la constitution d'un réseau sud-sud

Les équipes (ophtalmologistes et onco-pédiatres) de ces 5 pays se sont retrouvées à l'Institut Curie vendredi 6 et samedi 7 mars pour faire le point sur l’avancement du programme et pour formaliser la constitution d'un "réseau sud-sud" entre ces équipes utilisant le même protocole de traitement, mettant en commun les résultats (environ 160 cas annuels), y associant une étude de coûts pour apporter la preuve que non seulement la survie est augmentée grâce au diagnostic précoce mais aussi que les coûts sont largement réduits.

Il a également été discuté l'adjonction d'un programme de recherche sur l'identification des gènes impliqués dans le développement et la progression de cette maladie avec l'aide d'une unité de recherche de l'Institut Curie.

Ce programme bénéficie de soutiens forts, tels que ceux de la Fondation Sanofi Espoir jusqu'à fin 2015 (à travers le programme "My Child Matters"), de l'association "Rétinostop", du Ministère de la Santé français, du GFAOP, de l'Institut curie, du cabinet de prothèse oculaire PROTHELEM et d'autres initiatives privées.

 

 

Plus d'informations

Contact presse:

Catherine Goupillon-Senghor
Tél. : 01 56 24 55 23 / 06 13 91 63 63
E-mail : service.presse@curie.fr

Contact AMCC :

Pr Pierre Bey
Tél. : 06 19 52 10 22
E-mail : pierre.bey@curie.fr

Le site Internet de l'Institut Curie