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23/07/2012

Cancer du pancréas : une équipe du CRCM a identifié une forme de cannibalisme cellulaire au sein de tumeurs pancréatiques qui inhiberait la formation de métastases, ouvrant des voies thérapeutiques dans ce cancer à sombre pronostic

L’équipe du Docteur Juan Iovanna au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille* décrit dans un article publié le 23 juillet sur le site de la revue EMBO Molecular Medecine un processus d’ingestion et d’élimination de cellules tumorales, qui évite la formation de métastases.

Les chercheurs révèlent également le mécanisme sous-jacent et les molécules impliquées, ce qui permettra de moduler leur activité avec des composés pharmaceutiques et de mettre au point de nouvelles stratégies de traitement du cancer du pancréas.

Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille* (CRCM) - Inserm, Aix-Marseille Université, CNRS, Institut Paoli-Calmettes, centre de lutte contre le cancer, Marseille

Le cancer du pancréas présente le plus faible taux de survie de tous les cancers, avec, à ce jour, une espérance de vie à 5 ans de 3 à 4 % seulement. La chirurgie reste le meilleur traitement possible pour les 15 à 20 % de patients dont la tumeur est opérable ; mais, des métastases malignes apparaissent fréquemment après l’opération, l’espérance de vie n’est que de 15 à 18 mois.

Au stade de développement métastatique, la durée de vie est estimée entre 3 et 6 mois. La chimiothérapie et la radiothérapie ne sont que faiblement efficaces contre ce cancer. Mieux comprendre les mécanismes à l’origine du cancer du pancréas est donc impératif pour contrer son développement par des approches thérapeutiques ciblées.

Les cellules de carcinomes pancréatiques présentent des particularités morphologiques : elles contiennent en particulier de grandes vacuoles qui contiennent d’autres cellules. Ces structures de ‘cellules dans la cellule’ sont dues au cannibalisme par les cellules cancéreuses (les cellules hôtes) d’autres cellules cancéreuses (les cellules cibles).

Ce phénomène déjà décrit pourrait avoir un rôle dans la prolifération des tumeurs en nourrissant les cellules cancéreuses au dépend des cellules  cannibalisées) ou, au contraire, agir contre la propagation tumorale, quand d’autres cellules cancéreuses sont cannibalisées et détruites dans la cellule hôte.

L’équipe de Juan Iovanna a examiné la structure des cellules cancéreuses de 36 patients atteints du cancer du pancréas, et observé une corrélation inverse entre la présence de ‘cellules dans la cellule’ et le développement de métastases. Ce qui suggère un effet suppresseur de métastases du cannibalisme cellulaire.

Les chercheurs ont également démontré qu’il ne s’agissait pas pour la cellule tumorale de se nourrir : en effet, le cannibalisme n’augmente pas quand les chercheurs suppriment tout nutriment du milieu de culture des cellules tumorales. Ils ont d’autre part montré que les cellules ingérées étaient mortes à l’intérieur des cellules hôtes : il s’agit donc bien d’un processus qui réduit le nombre de cellules cancéreuses.

La dissection des mécanismes impliqués dans la formation de ces structures a révélé qu’il s’agit d’un mécanisme distinct des formes de cannibalisme cellulaire précédemment décrit, qui implique l’inactivation de la protéine Nupr1. On sait que la protéine Nupr1 est associée au développement de métastases.

D’autre part, la gemcitabine, la molécule la plus couramment utilisée en chimiothérapie contre le cancer du pancréas réduit l’activité de Nupr1 et augmente le nombre de cellules dans la cellule.

La protéine Nupr1 est un régulateur de l’expression génique, et l’équipe de Juan Iovanna montre qu’elle modifie le profil des gènes activés dans les cellules cancéreuses : les gènes impliqués dans la migration cellulaire et la formation de métastases sont inactivés, alors que les gènes nécessaires à l’ingestion d’autres cellules sont activés.

La description de cette nouvelle caractéristique des cellules des tumeurs du pancréas et des mécanismes impliqués est importante, puisqu’elle pourrait à terme permettre le ciblage des molécules impliquées par des composés pharmaceutiques et la mise au point de traitements.

 

Référence :

Carla E. Cano, María José Sandí, Tewfik Hamidi, Ezequiel L. Calvo, Olivier Turrini, Laurent Bartholin, Céline Loncle, Véronique Secq, Stéphane Garcia, Gwen Lomberk, et al (2012) Homotypic cell cannibalism, a celldeath process regulated by the nuclear protein 1, opposes to metastasis in pancreatic cancer, EMBO Molecular Medicine, DOI: 10.1002/emmm.201201255

* Le Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM) regroupe l’Inserm, Aix-Marseille Université, le CNRS et l’Institut Paoli-Calmettes

 

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Contacts presse :

Valérie Ferrier, Coordinatrice Scientifique IPC
+33 (0)4 91 22 33 52 depraeterev@ipc.unicancer.fr

Elisabeth Belarbi, Assistante communication IPC
+33 (0)4 91 22 37 48 communication@ipc.unicancer.fr

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